Adieu WordPress, bonjour Ghost

WordPress m'a accompagné de nombreuses fois ces dernières années, aussi bien dans des projets perso que pro. Sa polyvalence m'a permis de répondre à des problématiques diverses : blogging, e-commerce, associatif... Malgré ça, j'ai fini par craquer. La faute à une lourdeur qui plombe les performances du CMS. Ma patience a été mise à mal et j'ai découvert avec effroi mon score de performance Lighthouse calculé par Google. On en parle juste en-dessous.

Face à ce constat, j'ai commencé sans grande conviction à regarder ici et là des alternatives. Étant hébergé chez la copine Paduction, je n'avais jusque-là aucune dépense pour airben.fr si ce n’est le coût du nom de domaine. Pour rappel, WordPress est gratuit si tant est que vous prenez en charge son hébergement.

Quelques recherches plus tard (merci Product Hunt !), me voilà devant la homepage de Ghost. Je ne trouvais pas mes mots : est-ce possible qu'un CMS puisse proposer des thèmes élégants/minimalistes, être SEO friendly et offrir un back-office qui encourage l'écriture ? Mon vœu était apparemment exaucé ! Malheureusement, j'ai vite déchanté en découvrant la grille tarifaire. Il fallait compter une vingtaine de dollars par mois pour en être... Une facture salée pour ne publier qu'une poignée d'articles à l'année. L'option B était de prendre en charge l’installation, finalement plus laborieuse que ce que peut proposer WordPress. N'étant pas développeur de profession, j'ai décidé d'écarter l'option Ghost et de rester en terrain connu.

Les mois passent et voilà que l'éditeur de Ghost dévoile une v4. Il n'en fallait pas moins pour que le débat soit relancé. J'ai pu compter sur Paduction pour raviver un peu plus ma hype pour le CMS. J'ai d'abord hésité à passer à la caisse car l'offre d'entrée avait été revue à la baisse, désormais fixée à 9$/mois. Toujours trop chère pour moi à l'année, j'ai retroussé mes manches et me suis penché plus sérieusement sur l'auto-hébergement de Ghost. Client fidèle d'OVH, j'ai découvert un nouveau tuto proposé par leurs équipes. Seul bémol, faire tourner Ghost chez OVH nécessite une offre bien spécifique pour les développeurs : la "Cloud Web". Une offre qui revient à... 9,99 €, soit le même prix que si je passais en direct par l'éditeur de Ghost qui, pour le coup, prend tout en charge (déploiement, hébergement...).

Je continue alors de creuser et je découvre que Ghost dispose d'un "official hosting partner" qui aurait imaginé une installation simplifiée du CMS (le "1-click marketplace apps", du marketing comme je l'aime). Je me chauffe un peu plus et voilà que je souscris à l'offre la plus basique (5$/mois) chez DigitalOcean.

À l'image de ce que peut proposer OVH à l'installation de WordPress, je m'attendais naïvement à pouvoir installer Ghost en 1 seul (vrai) clic. L'expérience fut un chouilla plus laborieuse. Mais grâce à la magie d'Internet, j'ai pu me reposer sur un super tuto vidéo (en anglais) pour sortir victorieux des quelques lignes de commandes requises.

L'initialisation de Ghost fut très rapide. L'import de mes articles WordPress en revanche beaucoup moins. J'ai d'abord tenté le coup avec le plugin officiel Ghost pour WordPress mais d'un thème à l'autre, l'export semble impossible. J'ai donc opté pour l'export au format XML me demandant de repasser sur chacun de mes articles (ça va que je n'écris pas beaucoup) pour les remettre au propre. J'ai profité de l'occasion pour compresser mes images sans perte de qualité et arrêter d’embed le lecteur YouTube au sein de mes articles. Car oui, Google m'expliquait que son lecteur vidéo nuisait au chargement de mes pages. Un comble !

Quand je surf, je m'attends à ce que les sites se chargent rapidement. Je m'applique donc cette même contrainte (d'où mon utilisation du navigateur Brave, mais ce sera l'objet d'un autre papier).

Pour m'assurer que ce changement ne soit pas vain, j'ai donc testé dans la foulée plusieurs de mes pages avec l'outil PageSpeed Insights de Google. Autant vous dire que je suis parti dans l'espace rejoindre Thomas ! J'ai fait x2 à peu de chose près et je flirte avec les 100/100. Certes, cette note n'est pas le seul critère d'évaluation de Google pour le référencement, mais j'ai le sentiment d'offrir une meilleure expérience à mes lecteurs.

Outre ce meilleur score, je me sens plus léger. C'est un sentiment particulier quand on vient de WordPress. Le back-office de Ghost se concentre sur l'essentiel : la production de contenu. L'éditeur de Ghost est d'ailleurs très clair à ce sujet, son CMS ne s'adresse pas à tout le monde. Seuls les blogueurs, médias, producteurs de podcast ou auteurs de newsletter sont globalement visés. Ghost ne s'arrête pas là et permet aux créateurs de contenu de monétiser simplement, j'insiste là-dessus, leurs contenus. Je pourrais par exemple en un clic rendre accessible cet article uniquement à mes abonnés premium.

Il faut bien comprendre que Ghost en est là où WordPress avait commencé aux débuts des années 2000. Il reste, à ce jour, simple d'utilisation car limité à la rédaction de contenu. Pour le reste, il s'appuie sur une liste d'intégration pour pallier certains manques comme la gestion de commentaires natifs.

À titre personnel, ce nouveau cadre me permet de me poser moins de questions. Ghost va vite et me décharge de toutes considérations SEO. Je pense que gérer soi-même son propre Ghost demande néanmoins un peu d'huile de coude (comme par exemple une mise à jour de sécurité dite “critique” que je dois appliquer en ligne de commande). En revanche, si vous payez en direct son éditeur, je ne vois pas vraiment ce qui pourrait vous empêcher de l’adopter.

Airben
Roux mais pas que.
France