Firewatch : mon test (sans spoiler)

Firewatch : mon test (sans spoiler)

Je l’avais annoncé sur le blog il y a deux semaines, le test de Firewatch me tenait à cœur car outre le fait que son publisher soit l’excellent éditeur de logiciels Mac Panic, les images montrées jusque-là semaient le doute en moi. A-t-on affaire à un grand jeu ? De mon point de vue il s’en rapproche mais avant de vous énumérer les qualités de la première production made by Campo Santo (composé d’anciens de Double Fine Studios ou encore de Telltale Games), plantons le décor.

PROMENONS-NOUS DANS LES BOIS

Nous sommes en 1989 et le parc de Yellowstone accueille pour l’été un nouveau garde forestier : Henry (vous !), un quadragénaire qui fuit une relation devenue difficile avec sa femme. Après un trek éprouvant, vous atteignez votre tour de guet et faites la connaissance de Delilah par talkie-walkie. Cette femme n’est autre que votre boss et sera votre unique contact pour la saison à venir. Elle se chargera de vous briefer sur la situation et vos missions, des échanges qui permettront à nos deux protagonistes de se découvrir et accessoirement de se vanner.

Oui car soyons clair, tout l’intérêt de Firewatch réside dans ses dialogues. Vous aurez bien quelques actions contextuelles à activer comme descendre en rappel ou grimper sur un rocher mais c’est un peu près tout. Firewatch est jeu narratif et contemplatif ce qui n’enlève rien à son potentiel, bien au contraire. Vous verrez qu’il est difficile dès les premières minutes de ne pas être touché par l’écriture des personnages. C’est après avoir terminé le jeu que j’ai appris que Sean Vanaman en était le responsable, le monsieur derrière le scénario de la saison une du jeu The Walking Dead. Un mec qui a de la bouteille quelque part.

Firewatch est jeu narratif et contemplatif

C’est quasiment systématique, à chaque échange avec Delilah, des réponses à choix multiples vous seront proposées. Ces choix n’auront malheureusement que très peu d’impact sur le déroulement de l’histoire mais offriront néanmoins des répliques nouvelles et particulièrement savoureuses. Ceci grâce à l’identité bien marquée d’Henry, un homme de valeurs un brin naïf mais surtout de celle de Delilah qui n’arrête pas de vous charrier depuis son poste de guet entre deux parties de mots croisés.
Son franc parler et son sarcasme m’ont bien fait marrer…
C’est cette humanité entre les personnages et la maturité des échanges qui me font dire que Firewatch est un jeu qui prend au sérieux le joueur.

Cette narration hautement ficelée nous embarque dans une histoire finalement assez classique dans sa forme mais qui, dans le fonds, se révèle captivante de part les thèmes abordés. La solitude, la peur ou la culpabilité en sont quelques exemples. On partage tout ça avec les personnages car on pourrait être à leur place à chaque instant, c’est ce qui nous accroche au pad pendant les 5h de durée de vie. J’en resterais là car l’histoire, dont les dialogues dépendent, est à préserver de tout spoil !

ATTENTION FIREWATCH C’EST BEAU

En revanche, on peut largement détailler la DA qui m’a clairement fait chavirer (grâce à un appareil photo dans le jeu, les PCistes peuvent même se faire imprimer/envoyer leurs clichés chez eux !!). Comme vous le savez, vous êtes dans un parc. Il faudra compter une vingtaine de minutes pour le traverser. L’impression de liberté est plutôt bien rendue avec des zones semi-ouvertes reliées les unes aux autres. Vous serez amené à faire quelques allers-retours par certaines d’entre elles pour retrouver votre lit à la tour de guet. Ces sorties se feront à toute heure de la journée, de quoi rester bouche bée devant le couché de soleil qui vient transformer la forêt. Tout est réuni pour que vous ne fassiez plus qu’un avec la nature.

firewatch-foret

La flore ok, la faune en revanche est quasi inexistante. Un choix sans doute des dev qui m’a par moment un peu dérangé tant tout était calme autour de moi. Côté technique pure, Firewatch traîne un peu des pieds. Les ombres pâtissent d’un sacré aliasing et les effets de brume sont quant à eux un peu légers. Je chipote qu’on soit bien d’accord car à aucun moment ces limitations techniques m’ont empêché de prendre mon pied. Les ralentissements propres à la version PS4 par contre m’ont bien « pourri » l’expérience… Les dev planchent actuellement sur un correctif.
Un point rapide sur la bande-son. Les dialogues laissent finalement peu de place à une éventuelle soundtrack, on profite bien de temps à autre de musiques d’ambiance pour accentuer le sentiment de solitude ou même de découverte mais ne vous attendez pas à plus.

Si vous êtes un adulte (ou un prépubert curieux) qui cherche autre chose que des zombies à trucider, que vous souhaitez bosser votre anglais (le jeu sera sous-titré français dans un futur patch) et que vous souhaitez vivre une vraie histoire avec de vrais personnages touchant, je n’ai qu’un mot à vous dire : FONCEZ !

Ma note : 4/5

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